__ Avril. Il ne restait plus que deux mois avant la fin de l'année. Entre temps, je fus acceptée à l'Université de Springfield, Je parlai avec la cousine d'Angela (son prénom était Melany) et nous nous arrangeâmes pour un prix convenable pour tout le monde. J'ignorais à quoi ressemblait l'appartement. Grand, petit, bleu blanc vert ? Ensuite, Charlie ne m'avait toujours pas donné sa réponse. Ce n'est pas que ça m'embêtait, mais le temps pressait. Avec Jacob, nous devions vite déménager, aménager le logis, trouver un travail et enfin pouvoir vivre. Ma mère enrageait à chaque fois quand je lui disais que Charlie n'avait jamais rien mentionné sur ce sujet. Personnellement cela m'inquiétais, car je n'avais envoyé aucune autre candidature pour une quelconque autre Université. Alaska peut-être ? Non, jamais là-bas. Je ne pouvais juste pas. Ils y seraient. Je ne voulais pas prendre de risque. Je décidai, ce soir, je parlerai à Charlie, quitte à nous crier dessus. Je devais avoir son accord, alors je pourrais recevoir le contrat et le signer. Prépare-toi Charlie, nous allons discuter.
__ Je rentrai à la maison, chargée avec trois sacs remplis de nourriture pour la semaine. Je détestais le samedi. Je n'avais jamais rien à faire, puisque le vendredi soir, je finissais tous le travail scolaire. Il faudrait que je change cette habitude, d'ailleurs. Je posai les sacs à l'entrée, et partis chercher le dernier dans la voiture. Ce qu'ils étaient lourds ! Avec peine, je les emmenai à la cuisine, où ils furent vidés en un rien de temps. Une autre question capitale me vint à l'esprit. Qu'allai-je bien cuisiner ce soir ? Un truc spécial, car je risquais de me faire crier ? Ou alors quelque chose d'ordinaire ?? Hum... Je fus en réflexion intense. Entendre le téléphone sonner me fit sursauter. Je regardai l'heure. Quinze heures trente. Jacob devait m'appeler à cette heure. Je souris et courrai jusqu'au téléphone.
__ -Allô Jake ? Tu vas bien ? Qu'avais-tu de si important à me dire ?
__ -Euh..., s'attarda la personne, je ne sais pas qui est Jake, mais pourrais-je avoir euh... Madame Timton ?
__ Mince ! J'avais gaffé, je rougis aussitôt
__ -Désolé monsieur, mais vous avez composé un autre numéro. Il n'y a pas de Mme Timton ici. Je suis navrée.
__ -Ah mais aucun soucis, c'est moi qui m'excuse de vous avoir dérangé, marmonna l'homme. Au revoir.
__ Je n'eus le temps de répondre qu'il me raccrocha au nez... Euh d'accord. C'est quoi ce délire ? Jamais, mais jamais je n'avais eut à faire face à pareilles situations. Co... Comment se faisait-il que quelqu'un puisse se tromper en composant un simple numéro de dix chiffres? M'ême moi qui suit la plus maladroite des maladroites arrive à le faire sans problèmes ! Je fus une fois de plus coupée dans ma réflexion quand le téléphone sonna. Cette fois, je décidai de ne pas faire comme la dernière fois.
__ -Maison Swan j'écoute ?
__ -Bonjour mademoiselle, suis-je entrain de parler à Isabella Marie Swan ?
__ J'étouffai un rire. Mais qu'est-ce qui lui prenait à ce guignol ? Je décidai d'entrer dans son jeu, aussi ridicule soit-il.
__ -Euh désolé, Mais là, elle est de sortie avec un ami... Mike je crois.
__ -Ah, fit Jacob, je pensais qu'elle était chez elle à attendre un appel, tant pis...
__ Cette fois, j'éclatai de rire. Adorable...
__ -Je t'aime, murmurai-je.
__ -Moi aussi, dit-il, je t'aime tant que j'ai forcé mon père à accepter de me laisser partir avec toi. Même sui je dus lui dire ce qu'il se passait entre nous deux.
__ -Je...
__ Je ne sus quoi dire. Il... Il avait fait quoi ? Tout dit ? A Billy ? Juste pour me... suivre ? J'hésitai entre pleurer de joie ou tout simplement crier comme une hystérique dans toute la maison. Jacob, mon Jacob. Mon bonheur était si grand que je ne pus retenir un sanglot. Et Jake paniqua.
__ -Bella ? Bella ! Ça va ? Bella ! Pourquoi est-ce que tu pleures ?
__ -Non, non. Ce n'est rien. Juste de la joie. Oh Jacob Je suis si heureuse !
__ C'était peu de le dire. C'était un mot plus fort qu'heureuse. Un mot qui, malheureusement, n'existait pas. Je n'arrêtai pas de me repasser sa phrase dans mon esprit. Jacob vivra avec moi. Je m'appuyai sur le plan de travail pour ne pas tomber. Mais une pensée pour Charlie me calma et me tira même une grimace.
__ -Par contre... On a un petit souci, marmonnai-je, un peu agacée.
__ -Quel souci, s'enquit Jacob. On ne peut pas avoir l'appartement de la cousine de ton amie, c'est ça ?
__ -Mais non ! Ce ne serait même pas un souci. J'ai plusieurs appartements en réserve. Non, le souci est assez grand. Charlie ne m'a toujours pas donné sa réponse.
__ -Quoi, s'écria fortement mon interlocuteur. Comment4a il ne t'a pas répondu ?
__ -Bah comme ça, répondis-je. Officiellement, je ne suis pas autorisée à partir loin de L'Etat Washington pour le moment.
__ -Mais pourquoi ne l'as-tu...
__ - Je vais lui en toucher deux mots ce soir ne t'inquiète pas. Nous le ferons si Charlie dirait non. Ce n'est pas le moment. Ne me fiche pas la pression non plus !
__ -Désolé.
__ Nous discutâmes encore pendant longtemps, jusqu'au moment où j'entendis, au salon, mon téléphone sonner. Je m'excusai auprès de Jacob, raccrochai et allai vers la sonnerie. C'était mon père.
__ -Oui papa ?
__ -Ce serait tout aussi bien pour mon portemonnaie si tu arrêtais de monopoliser le téléphone de la maison, merci.
__ Je ne fis pas attention à sa remarqua et lui demandai directement ce qui se passait. Je savais qu'il s'était passé quelque chose. D'habitude il ne m'appelait pas alors qu'il était sur le chemin du retour. Charlie me confirma.
__ -Eh bien, il y a eu un grand accident sur la quatre voie. Un carambolage. Apparemment le gel fait de grands dégâts. Enfin, pour te dire de ne pas m'attendre pour manger. Je ne sais pas quand est-ce que je rentrerais à la maison. Sûrement tard.
__ -Papa... geignis-je. Je voulais te parler moi !
__ -Ne t'inquiète pas, me rassura-t-il, je ne vais pas mourir, c'est bon. Si c'est vraiment important attends que je rentre. Au pire, on parlera demain sinon.
__ Je soupirai d'agacement. Pourquoi le jour où je voulais plus que tout parler à mon père, nom d'un chien ! Pourquoi ??? Je l'aurais attendu avec plaisir si demain je n'avais pas d'école.... Je lui dis qu'on en parlera demain, raccrochai, et me mis à cuisine, avec beaucoup d'application, malgré ma frustration et mon irritation. Je coupai le poivron en carrés, le jambon en lames, hachai l'oignon, mis un quart de cuillère à café de sauce piquante chinoise. Pendant ce temps, les nouilles étaient dans la casserole. Alors le téléphone re sonna. Encore ? Je levai les yeux et décrochai assez brutalement.
__ -Allô !
__ - Hey du calme ! Ne m'agresse pas comme ça ! Si tu ne veux pas que je te parle dis-le-moi et je te laisse en paix.
__ C'était ma mère. Je me calmai immédiatement.
__ -Désolé maman. C'est juste qu'aujourd'hui, le téléphone n'arrête pas de sonner et... ça a le don de-de m'irriter disons. Excuse-moi encore une fois.
__ Et c'est comme ça que je passai une autre demi heure entre les fourneaux et le téléphone. Couper le câble me parut une excellente idée. J'y renonçai, cependant. Je ne tenais pas à me faire massacrer par Charlie. Faire cela était synonyme d'interdiction de déménagement. Et c'était la dernière chose que je désirais. Rester à Forks. Quand j'eu terminé le repas, ma mère monopolisait toujours la ligne. Même quand j'eus fini de mangé, et de laver la vaisselle, et quand le reste c'était retrouvé dans le four. Une heure passa, et elle me raconta ses journée à Jacksonville. Pas moyen de l'arrêter. Le bouton stop chez elle n'existait pas. J'aimais Renée de tout mon être, mais si elle fut moins pipelette, cela aurait été encore mieux. Malheureusement, on ne pouvait avoir le beurre, et l'argent du beurre. Je lui dis que j'avais encore un devoir à terminer pour demain et que ce n'était pas le cas, je risquais une jolie punition. Elle accepta de me lâcher, à mon plus grand soulagement. Je fermai les lumières dans toutes les pièces et montait à l'étage. J'allai dans la salle de bain, vérifier la corbeille à linge sal, pleine. Je fis le tri et mis une lessive. Je ferai sécher les habits le lendemain. J'en profitai pour faire ma toilette. Et j'entendis une sorte de craquement. Une déchirure. J'arrêtai automatiquement tout mouvement. Rien ne vint cependant. Je repris donc mon toilettage. Je remarquai que mes cheveux étaient devenus vraiment longs, trop longs. Beaucoup trop longs. Tant-pis me dis-je. Une autre fois. Je finis de les brosser, enfilai ma chemise de nuit. J'étais prête pour dormir. Il me fallait juste lire quelques lignes d'un bouquin ennuyeux et le tour était joué. Mais alors que j'ouvrais la porte de ma chambre. Un grand courant froid me refit frissonner de froid. Je repensai aussitôt à Jacob. Seul lui oubliai de fermer cette fichue fenêtre quand il entrait.
__ -Jacob, criai-je sans retenue.
__ Aucune réponse. Bien sûr.
__ -Jacob ! retentai-je. Arrête ton jeu, tu sais bien que ça ne me fait pas rire, grondas-je.
__ Toujours rien. Mes sourcils se froncèrent. Pas normal. Pas normal du tout. Voleur ? Agresseur ? Mon cerveau travaillait à mille à l'heure. Jacob d'habitude fermait la fenêtre avant de partir. Pourquoi ne l'avait-il pas fait alors ? Bizarre... Je fus tentée de l'appeler pour lui demander pourquoi il... Et si... ? Le craquement ! D'où provenait-il ? Je me mis à réfléchir à toute allure. Ma tête me fit mal. Je m'installai sur le rocking chair et tentai encore de localiser la provenance du bruit, en vain. Alors je me levai pour fermer la fenêtre. Sur le rebord je vis un morceau de tissus déchiré. C'était bien cela. Quelqu'un était entré dans ma chambre. Je pouvais mettre ma main au feu que ce n'était pas Jacob. Ce n'était pas le genre de matière qu'il mettrait. Mais alors qui ? Je sortis ma tête dehors et regardait à droite et à gauche, en haut et en bas. Rien ni personne. J'abandonnai, j'étais trop fatiguée pour me la jouer Sherlock Holmes. Il me fallu peu pour sombrer. Je n'eus même pas besoin de lecture ennuyante. Je m'endormis, le bout de tissus clair serré dans ma main gauche.
__ -Quoi ? Tu peux répéter ? cria Jake
__ Apparemment, j'eu tord de lui confier qu'un mystérieux visiteur était venu me rendre visite. Jacob était vert de rage. Il tremblait, signe qu'il était à deux doigts de se transformer en loup et de semer la pagaille.
__ -Calme-toi, Jake. Il ne s'est rien passé, le rassurai-je
__ -Que je me calme ? Que je me calme ! Bella est-ce que tu te rends comptes que ce fou furieux aurait pu te blesser, s'emporta-t-il.
__ -Ou folle, rectifiai-je.
__ J'étais quasi certaine que ce fut un « fou furieux » qui était dans ma chambre. Le bout de tissus, dont j'en avais caché l'existence à Jacob, était assez grand. Il dégageait un arome masculin extrêmement subtil, presque irrésistible, cependant inconnu. J'avoue que, pendant un instant, j'eu espéré que ce bout de tissus appartenait à l'une des chemises d'Edward. Mais non. L'odeur n'était pas la sienne. Bien que subtile, l'odeur n'était pas fraîche, ni hypnotisante. Mais le tissu, sa matière, était vraiment étrange pour cette situation. Du satin, authentique qui plus est. Ce genre de matière coute une fortune. Il était évident que le propriétaire pouvait ce le permettre. Ce n'était en aucun cas un pauvre cambrioleur. Mais que chercherait un riche dans ma chambre ?
__ -C'est la même chose, grogna Jacob. Fou ou folle ça ne change rien au fait que quelqu'un est entré par effraction dans ta chambre, Bella !
__ Agacée, je me levai, et m'assis sur une autre roche.
__ -Je n'aurais jamais, mais jamais dû te le dire !déclarai-je.
__ -En quel honneur ?
__ - Ça m'aurait évité cette dispute, et tu ne t'aurais pas inquiété. Si ça se trouve ce n'est qu'une coïncidence.
__ Mon regard, neutre croisa celui de mon amoureux, tueur.
__ -Tu plaisantes j'espère !
__ -Je n'ai pas envie de me disputer avec toi ! Pas maintenant, alors que nous... nous apprêtons à commencer une vie commune vingt-quatre heures sur vingt-quatre. S'il te plaît. Je ne pense pas qu'il m'arrivera quelque chose de grave en un mois. Toi et tes amis avez neutralisé le plus grand danger...
__ Je me levai précipitamment et accourrai jusqu'à Jacob et mon lovai dans ses grands bras protecteurs et chauds.
__ -Je ne permettrai à personne de te faire du mal. Je te le jure.
__ Il posa ses lèvres sur mon crâne. Nous restâmes ainsi, observant l'eau foncée, presque noire venir s'écraser sur le sable. Je me souvins de mon saut d'il y a quelques mois en arrière. Oui, c'était vraiment stupide et téméraire. Heureusement que Jacob avait été présent... La plus grosse bêtise de ma vie. J'allais mourir pour un être qui... ne m'était pas cher. Non, en fait il l'était à l'époque. Mais quel être méritait de vous être cher s'il vous abandonna sans raison valable ? Alors non. Edward n'est pas un être cher. Je me blottis encore plus contre Jacob. Je levai ma tête et nos lèvres se touchèrent. Mon souffle devint saccadé dès le premier contact, un courant électrique me traversa. Je me mis à trembler, et j'en demandai encore plus. Son souffle, chaud caressait mes lèvres. Mon corps se colla encore plus à celui de Jacob. Une sorte de transe m'avait envahie, je perdis le contrôle de tout. Je ne remarquai pus que mes mains griffaient presque sa nuque. Lui non plus, d'ailleurs ne devait s'en rendre compte. Notre échange dura pendant, ce qui me semblait, de longues minutes. J'étais fiévreuse, mes yeux voilés, ma respiration toujours autant saccadée et mon c½ur battait la chamade. Jacob ricana.
__ -Toujours le même effet, se vanta-t-il.
__ -La ferme, Jake, sifflai-je. Je suis comme ça avec tout le monde.
__ -Tout le monde ! Vraiment, s'étonna-t-il. Même avec l'autre.
__ -Edward , soulignai-je, oui, même avec lui.
__ Il tira une grimace dégoutée.
__ -Cette sangsue... t'a embrassé ?!
__ Il parut encore plus dégouté, ce qui me fit froncer les sourcils.
__ -Et ça te dérange. L'apostrophai-je.
__ C'est vrai ! En quoi cela le dérangeait-il autant ? N'aurait-il toujours pas compris que c'est lui que j'aime et non son soi-disant rival ? Apparemment il n'avait pas confiance en moi, ce qui me blessa.
__ -Ce qui me dérange, commença-t-il, c'est qu'il a été le premier à y avoir droit, et pas moi. C'est tout.
__ -Et ceux de Phoenix, tu ne les comptes pas ?
__ -Phoenix, répéta-t-il. Tu n'en as pas eu à Phoenix. Soupira-t-il.
__ -Imagine que j'en avais eu. Tu pesterais contre eux aussi ? Ou bien c'est juste contre Edward que tu en as ?
__ Il se rendit vite fait et avoua que oui, c'était surtout contre mon ex qu'il en avait. Il avait surtout peur qu'il revienne et qu'il me reprenne. Cela me blessa.
__ -Toujours pas confiance en moi, hein... marmonnai-je en observant le ciel gris.
__ -Non ce n'est pas...
__ -Ah non, le coupai-je furieuse. C'est quoi alors ? Me crois-tu vraiment capable de faire ça ? Te laisser tomber juste parce qu'il est revenu ? Je-je pensais t'avoir prouvé à plusieurs reprises mon amour pour toi ! Je... Je ne te suis pas Jacob ! Comment veux-tu qu'on vive ensemble si... Si nous ne nous faisons pas confiance...
__ Je me débâtis, et me libérai des bras musclés de Jake. Mes larmes coulèrent et formèrent deux rivières sur mes joues. Déçue, terriblement déçue...
__ -Et moi, continuai-je toujours enragée. Moi aussi je ne devrais pas te faire question au sujet de ton imprégnation ou je ne sais pas quoi ! Je sais qu'au bout d'un moment tu me lâcheras parce que tu auras trouvé celle qui t'es destinée. Pourtant je ne te fais de remarques. Qu'importe qu'Edward fût le premier garçon dans ma vie ? C'est le présent qui compte, non ?
__ -Tu as dormi avec lui ? s'écria-t-il ahuri, ce qui eut le don de m'énerver encore plus.
__ -Ce n'est pas la question ! Hurlai-je, hors de moi cette fois. Pourquoi ne l'oublies-tu pas une bonne fois pour toute ? Edward est parti, il ne reviendra pas ! C'est sa promesse. Jacob, me clamai-je, tu as peur de la mauvaise personne...
__ -Répond à ma question.
__ -Tu me déçois beaucoup, Jacob Black.
__ -Sur ce, je partis en direction de la camionnette. Jake ne me suivit pas, ce qui me soulagea. Il comprit qu'il avait meilleur temps à ne pas m'agacer. Je tournai la clé et le moteur rugit. Je n'y prêtai pas attention et me concentrai sur le chemin. Mais notre conversation avec celui que j'aime me revint en mémoire. J'avoue ne pas avoir compris la cause de cette crise de jalousie. Toujours sur ses gardes. Ça blessait, faisait mal. Je soupirai et décidai de me calmer. Sur le chemin je réfléchi beaucoup. Cependant, ma tête allait exploser si je ne cessais pas. Alors, j'appuyai derechef sur la pédale et continuai ma route jusqu'à un setier. Ce soir, nous mangerons champignons avec Charlie. Je me garais de côté de la route et vérifiai l'heure. Quinze heures trente. Satisfaite, je sortis de la Chevrolet rouge et m'enfonçai entre les arbres couverts de mousse. Quelque trois pas plus tard, j'aperçus un tas de champignons. La plupart étaient venimeux. Heureusement que j'avais suivi ce cours de sciences Nat. Pendant la récolte, un rand nombre d'oiseaux vint à ma rencontre. Façon de parler bien sûr. Je vis même au loin une belle biche et son faon éclairés par la un faible rayon de soleil. Cette image m'attendrit et un sourire niais étira mes lèvres. Mon sac devint, malheureusement, très lourd, et je dus arrêter ma cueillette. Je revins à la camionnette... Je fus soulagée de voir que je n'avais pas trop tardé, une demi-heure tout au plus. J'avais donc le temps de me rendre à la pharmacie pour vérifier les champignons.
__ A mon retour, je fus étonnée de voir la voiture de Charlie parquée devant la maison. Mais il n'était que seize heures quinze pourtant. Alors je le vis sortir de la maison, toujours avec sa veste en cuir. Il me salua et partit, alors que je descendais de la Chevrolet. Tant pis. Je lui demanderais ce soir. Alors j'entrais dans la maison, et une grosse fatigue m'envahit. Je posai le sac de champignons sur le plan de travail de la cuisine et me dirigeait vers le salon. Je m'étalai sur le canapé moelleux et sombrai dans un sommeil profond. Enfin... avec beaucoup de cauchemars, puisque Edward Cullen en était l'acteur principal. Ça faisait longtemps que cela n'était pas arrivé. D'habitude je rêvais ou de Jacob, ma famille et mes amis, ou de différents paysages. Mais jamais de vampires dans mes songes. Jusqu'à aujourd'hui.
__ -Sois maudit sale clébard, marmonnai-je dans ma barbe après m'être étirée.
__ Je remarquai deux choses. Premièrement, la télévision était allumée. Logique puisque c'est elle qui me réveillât. Deuxièmement, il faisait nuit. Mince ! Charlie était rentré et je n'avais rien fait à manger. Je me levai à la rapidement
__ -Houps !
__ D'accord. Un peu trop rapidement. Ma tête me tournai me faisait souffrir. C'était comme si j'avais bu trois litres de vodka avant de dormir. Je grognai. Je retentai de me lever, plus doucement cette fois, avec succès. Je marchai lentement vers la cuisine et y découvris un Charlie content, lisant le journal.__ -Bonsoir, marmonnai-je, à moitié endormie.
__ -Salut, Bella, bien dormi ?
__ -Grossière erreur de ma part, re grognai-je. C'est bien partie pour une nuit blanche...
__ -Journée fatigante, s'enquit-il...
__ -Pourtant, non. J'ai passé la matinée à La Push et ensuite, je sis allée faire la chasse aux champignons...
__ J'avais en partie dit la vérité... Juste une partie fut épargnée, la dispute avec Jacob.
__ - En parlant de La Push, aujourd'hui j'ai été voir Billy...
__ Mince ! Jacob n'aurait-il pas osé dire à propos de la... ? Je me raidis, attendant qu'il continue.
__ -Et il m'a demandé de lui rendre un service. Mais je ne suis pas sûr...
__ -Un service ? Quoi comme service ?
__ J'étais sceptique. Pourquoi diable Charlie me parlait du service demandé par Billy ?? Sauf si n'avait un rapport avec Jacob, ou moi, ou Charlie, ou bien alors tout le monde... Je levai un sourcil et croisai les bras. Le doute m'envahit, cependant.
__ -Je ne l'avais jamais vu aussi déterminé, reprit-il après un instant de silence, si sûr de lui... Apparemment Jacob serait devenu une véritable plaie...
__ J'en eus assez.
__ -Papa, crache le morceau à la place de tourner autour du pot, m'écriai-je...
__ -Billy me demande de te fouttre carrément à la porte pour que vous puissiez aller habiter à Springfield ! Voila ! Mais s'il croit que se sera si facile...
__ Un sourire idiot étira mes lèvres. Jake et Billy m'aidaient. Quelle délicatesse. Mais peut-être que Billy disait vrai, et que Jacob était devenu vraiment une plaie. Je soupirai...
__ - En parlant de Springfield, m'autoriserais-tu au moins à la fin de l'année à y aller ? Je te signale que je devrai meubler l'appartement ! Et puis maman m'a prévenue, que si ce soir, tu ne me disais pas oui, elle se ferait un honneur de, je cite, « venir te botter les fesses, peut importe que tu sois flic ou pas »...
__ Je n'avais pas menti. Ce sont les paroles de Renée.
__ - J'imagine ne pas avoir le choix. Mais pas tout de suite !
__ Oui ? C'était oui ? Mon c½ur battait si vite que je crus pendant un instant qu'il allait lâcher. Oh joie ! J'allais quitter ce trou, et Jacob m'accompagnerait ! (Ma colère contre lui s'évanouit). Je me mis directement à imaginer ma nouvelle vie qui, j'espère, sera meilleure que celle vécue ici. Mais que racontais-je bon sang ? Ma vie à Forks fut magnifique... Je me rectifiai, ma nouvelle vie serait meilleure que ces six derniers mois... Non ! Il fallait que j'arrête de m'apitoyer sur mon sort. Springfield... Enfin !
__ -Merci... Vraiment beaucoup ! Merci, merci, merci.
__ Mes larmes étaient à deux doigts de couler. Je me répétai à plusieurs reprises d'être forte. Alors je respirai profondément pour me calmer et j'avançai vers mon père, qui se leva, pour l'enlacer fortement. Nous restâmes dans cette posture pendant plusieurs minutes. Maintenant, il ne me restait plus qu'à aller voir l'appartement, signer le contrat avec Melany et c'était bon. Je pourrais quitter la maison. Je me souvins alors des mots de Charlie. Pas avant la fin de l'année scolaire. Je soupirai.
__ -Un problème, répliqua Charlie.
__ Je répondis négativement et replongeai directement dans mes pensée, toujours dans ses bras. Je sentais que je regretterais plus ou moins Forks. Charlie a été un père formidable, même souvent absent, ou silencieux. Il avait eu le courage de m'accepter, et cela me suffisait amplement. Ça me déchirait le c½ur de le laisser seul. Connaissant ses talents culinaires assez pitoyables, je paniquai. Mais je savais que Billy et tout ses amis ne le laisseraient pas mourir de faim dans la maison. Les souvenirs m'envahirent. Ma première venue, mon cadeau de bienvenue, tout. Et mon sourire idiot étira derechef mes lèvres. Et soudain, un autre souvenir me frappa. C'était passé à nouvel an. Quand il m'eut annoncé qu'il avait décidé de rénover la maison. Du moins, l'étage du dessus.
__ -J'ai assez d'économies pour agrandir ta chambre et faire une nouvelle salle de bain, m'avait-il annoncé un dimanche d'hiver.
__ Cette fois, mon sourire devint malicieux, presque trop.
__ -Papa ?
__ -Hm oui ??
__ Je me dégageai de son étreinte, et fit en sorte d'avoir le sourire le plus angélique que possible...
__ -Tu te souviens de ce jours d'hiver ??
__ -Le quel ? demanda Charlie.
__ Je fis mine de réfléchir.
__ -Euh... celui où tu avais annoncé que tu voulais rénover la maison.
__ Il parut réfléchir un moment. Les traits de son visage montrèrent une forte concentration. Et du coup, il se souvint.
__ -Ah oui ! C'était le... 16 janvier non ?
__ -Mhm, acquiesçai-je en hochant la tête.
__ -Quel rapport ? demanda Charlie en levant un sourcil.
__ Mon sourire devant alors diabolique. On aurait dit une sadique.
__ -Papa, ne crois-tu pas qu'il est temps de commencer les travaux ?
__ Sa tête me confirma qu'il avait compris mon allusion.
__ -Il n'en est pas question !
__ Sa réaction aussi...